La chanson des maçons de la Creuse


Chanson écrite par Jean Petit dit Jan dau Boueix (1810-1880) entre 1855 et 1860. L'auteur était tailleur de pierres puis entrepreneur.
Cette chanson était beaucoup chantée par les ouvriers Creusois.
Elle est comme un hymne pour les Creusois.




L'on a fait des chansons
De toutes les manières,
Des filles, des garçons
Des guerriers, des bergères.
Pour ne pas répéter
Une chose ennuyeuse,
Moi je veux vous chanter
Les ouvriers de la Creuse.

Quand revient le printemps,
Ils quittent leur chaumière:
Adieu amis, parents,
Enfants, pères et mères.
Ah! quel grand désespoir
Pour la femme vertueuse
En disant au revoir
Aux ouvriers de la Creuse.

Les voilà donc partis
Pour faire leur campagne;
Ils s'en vont à Paris
En Bourgogne, en Champagne,
Lyon, Bordeaux, même ailleurs...
Ils ont la main calleuse,
Ce sont des travailleurs
Les maçons de la Creuse.

Quand ils sont arrivés,
S'ils trouvent de l'ouvrage,
Se mettent à travailler
Avec un grand courage,
Sans trop s'épouvanter
D'une vie laborieuse.
L'on devrait respecter
Les maçons de la Creuse.

Que ces chemins de fer
Qui traversent la France
Ont coûté de revers,
De maux et de souffrances;
Ces ponts et ces canaux
De la Saône à la Meuse
Ont coûté bien des maux
Aux ouvriers de la Creuse.

Malgré leur dur labeur
En travaillant ils chantent
Ils ont la joie au coeur
Et l'âme bien contente.
La dernière saison
Est pour eux bien flatteuse
Pour revoir leur maison
Au pays de la Creuse.

Les travaux sont finis
En novembre en décembre,
On les voir réunis
Pour s'en aller ensemble.
Vous voyez ces enfants
La figure joyeuse
Pour revoir leurs parents
Au pays de la Creuse.

Enfin, pendant l'hiver
C'est leurs belles journées,
Ils vont se promener
Avec leurs bien-aimées.
Dans ces tristes saisons
Les filles sont heureuses
D'avoir dans leurs maisons
Les garçons de la Creuse.

L'auteur de la chanson
Ce n'est pas un poète,
C'est un vieux compagnon
Buvant sa chopinette,
Toujours gai, bien content,
Trouvant la vie heureuse,
Et se vante gaiement
D'être ouvrier de la Creuse.

Voyez le Panthéon
Voyez les Tuileries,
Le Louvre et l'Odéon,
Le Palais d'Industrie,
De ces beaux monuments
La France est orgueilleuse,
On doit ces agréments
Aux ouvriers de la Creuse.