Martin Nadaud


Martin Nadaud est né le 17 novembre 1815 à La Martinèche (hameau de la commune de Soubrebost près de Bourganeuf).
Ses parents, Léonard Nadaud et Marie Julien, qui avaient également deux filles, Madeleine (1812-1892)
et Françoise (1824-1891), possédaient une petite exploitation agricole qui suffisait difficilement à faire vivre la famille. Léonard comme la plupart des hommes était un maçon de la Creuse.
Martin connut une enfance pauvre et dure comme les autres campagnards de son âge, il aidait aux travaux des champs et à la garde des moutons. Cependant, son père, contrairement aux autres, voulait que son fils ait de l'instruction. De 1825 à 1829, Martin apprit donc à lire et à écrire. Puis le 26 mars 1830, à l'âge de 14 ans, il partit à Paris avec son père et d'autres hommes du voisinage en tant que maçon de la Creuse. Le voyage fut pénible: il arriva dans la capitale les pieds en sang. Il découvrit alors les conditions de travail de ses compatriotes: journée de 12h à 15h de travail, travail dangereux sur les échafaudages, mal nutrition, logements peu confortables... Martin eut d'ailleurs plusieurs accidents.
Cependant, soucieux d'être instruit, il fréquentait les cours du soir, malgré ses longues journées de travail. Par la suite, il s'inscrit dans une école payante dans le but d'améliorer son expression écrite, puis à l'école de médecine. Il se mit ensuite à instruire ses compagnons de labeur.
Le 23 février 1839, à l'âge de 23 ans, il épouse Jeanne Aupetit mais 17 jours après, il dut partir à Paris. Sa femme, comme tant d'autres, ne voyait son mari qu'un quart de l'année.
Sa fille unique Désirée nait en 1845 (elle se maria avec Victor Bouquet et eut 3 enfants: Marie, Hélène et Louis).
Martin militait au sein de l'opposition républicaine. En 1849, il fut élu député de la Creuse en tant que montagnard. Le 2 décembre 1851, après le coup d'État de Louis Napoléon, il fut arrêté et conduit en prison.
Le 21 décembre 1851, il perd sa femme, sa fille alors âgée de 6 ans est confiée à Léonard.
Le 9 janvier 1852, Martin est exilé en Belgique. Le 11 février 1852, il part pour Londres. Il reprend alors son métier de maçon. Il se rend également en Écosse et en Irlande. Il apprend l'anglais et poursuit son instruction. Sa mère décède la même année.
En 1855, il devient professeur de français. En 1859, il retourne en France, mais déçu par l'accueil de ses amis parisiens, il repart en Angleterre.
Léonard meurt en 1868.
En juillet 1870, alors que l'hexagone déclare la guerre à la Prusse, il rentre en France.
Léon Gambetta le nomme, le 4 septembre 1870, préfet de la Creuse. Il est ensuite élu député de la Creuse le 8 février 1871. Fin 1871, il devient conseiller municipal de Paris. Il demande alors la relance de l'activité du bâtiment, l'amélioration de l'hygiène et la construction d'un métro.
Il fut réélu député de la Creuse en 1876, mandat qu'il conserve 13 ans.
Sa fille
Désirée
meurt en 1881 à l'âge de 36 ans.
Martin meurt à 83 ans le 28 décembre 1898 à La Martinèche.

 Citation de Martin Nadaud

"Quand le bâtiment va, tout va."

 Son livre

"Mémoires de Léonard" (autobiographie)

 George Sand à propos de Martin Nadaud

"Doux, grave et ferme, exempt de toute mauvaise passion..., sa dignité intérieure rayonne doucement dans ses manières, qui sont celles d'un vrai gentleman."
 

Buste de Martin Nadaud devant la mairie de Bourganeuf